Maroc : Le bénévolat, ce moteur de croissance qui monte en force

S’il existe des signes qui boostent l’optimisme quant à l’avenir de notre pays, la montée en flèche des initiatives bénévoles en serait la plus réjouissante. Cette société civile qui se mobilise pour prendre en main son destin sans attendre  qu’on lui donne, ces  femmes et hommes qui fournissent un travail sans demander salaire sont une aubaine pour l’économie nationale que les indicateurs économiques négligent.

En effet, un indicateur comme le PIB omet la valeur ajoutée issue du travail bénévole ne rentrant pas dans le cycle de production qu’il mesure, néanmoins l’impact du bénévolat sur la croissance économique est avéré. C’est une masse de travail qui crée toute une dynamique permettant le développement d’un ensemble d’agents économiques en parallèle, la synergie qui en sort crée un climat de confiance et dope la vitesse des échanges.

Prenons à titre d’exemple l’opération « voyage d’espoir » que conduit une jeune journaliste d’un magazine féminin auprès de la population d’Anfgou pour mesurer l’effet d’émulation que créent de tels initiatives. Un ensemble d’effets économiques positifs d’une action simple émanant d’un devoir de solidarité est à mettre en lumière.

  1. la promotion ponctuelle de la consommation : la consommation interne étant l’un des moteurs forts de la croissance, l’achat de plus de 5000 couvertures en plus des denrées alimentaires génèrent un revenu et crée des journées de travail chez les fournisseurs.
  2. Le transfert de revenus : les aides faisant le déplacement de la cité vers la province, crée un circuit de transfert de biens et de fonds permettant aux valeurs qui sont thésaurisés dans la ville et par conséquent sorti du circuit économique à réintégrer ledit circuit en se trouvant une utilisation utile.
  3. La sédentarisation des populations et la promotion de l’enseignement : surement l’une des grandes valeurs ajoutées et investissements pour un développement local durable dans le futur. Permettant à terme, la prise en charge du patelin par des autochtones.
  4. La notoriété : effet dont bénéficie la destination de l’opération qui maintenant est référencée comme zone sinistrée et attire plus d’aides et d’opérations de solidarité sans avoir à investir dans une sorte de promotion. Effet aussi dont bénéficie les auteurs de l’opération pour d’éventuelles opérations à venir.
  5. Le réseautage : des circuits se construisent suite au lancement d’une telle initiative qui permettent plus d’efficacité et d’efficience pour réaliser les objectifs fixés ; mais au delà, ce sont des réseaux qui permettent un partage culturel et humain et peuvent aboutir à la mise en place de projets économiques en assemblant des femmes et hommes à capitaux avec des femmes et hommes à idées.
  6. Le benchmark et la polénisation : une telle initiative inspire dans son sillage un ensemble d’initiatives sœurs poussant les citoyens à plus d’action en ayant un modèle prédéfini et efficace.

Ceci étant, l’évidence même c’est qu’il y’a un prix à payer pour amorcer cette dynamique, certaines réunions de bénévoles peuvent se terminer très tard la nuit, certaines vies privées chamboulées, certaines déceptions suite à des promesses non tenues, certains désertements de dernières minutes, peuvent altérer le moral des bénévoles. Mais pour les convaincus, le plaisir de contempler un sourire, de rétablir tant que possible une certaine équité, de trouver un délicieux sommeil en rentrant le corps fatigué d’une journée pleines d’émotions et d’échange mais la conscience apaisée pour avoir œuvré pour le bien de son prochain.

Il faudrait juste créer des structures d’aide et de promotion du bénévolat dont le but est de profiter de chaque petite heure offerte par un citoyen, l’orienter vers les activités qui l’intéressent et ou il serait plus épanoui sans lui assigner le parcours du combattant et le pèlerinage entre administrations pour effectuer la moindre petite opération. Seule une capitalisation de ces réseaux qui se forment et de cette confiance qui s’installe peut soutenir toute l’activité économique. Consolider un acquis pour construire dessus au lieu de reconstruire à chaque fois à zéro. Il faudrait qu’on apprenne plus à travailler en communauté, faire confiance, et passer le relais à d’autres qui veulent bien faire. Ce ne sera que pour le bien de notre pays, et par conséquent de nos enfants.

NB : ce billet est inspiré et dédicacé à l’opération « Voyage d’espoir » qui aura lieu le 12 et 13 janvier 2013 à Anfgou. Une initiative qui mérite encouragement et applaudissement pour le dévouement et le sacrifice de ses bénévoles.

Visiter le site de l’auteur: http://agoracitoyen.wordpress.com/
voir aussi aufait
le 13/01/2013, Ali

Pour marque-pages : permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>