UN PUITS POUR LE DOUAR BEN AMR 06/07/2013 – sur place

UN PUITS POUR LE DOUAR BEN AMR 06/07/2013- 1ère visite, découverte de lieux

Samedi, 6 juillet 2013 à 17h30, nous rencontrons Moulay Ali à côté de la mosquée de la Plazza Guéliz. C’est lui  qui va nous guider jusqu’au Douar. Nous empruntons donc la route de Fes (direction Kelâat Seraghna) et nous attendons que Mustapha, spécialiste et propriétaire d’une société de forage de puits, nous rejoigne au niveau du croisement avec « Zawyat Ben Sassi », c’est dans cette région que se trouve le village. Après quelques minutes d’attente et le temps d’acheter quelques bouteilles d’eau, nous voilà partis !

On s’engage sur une piste pendant quelques kilomètres, la ville semble s’éloigner de plus en plus et le paysage et clairement aride et desséché. On voit quelques enfants faire cette distance à pieds…surement pour rejoindre la ville ! En tous cas, aucun transport en commun ne semble passer par là.

Vidéo « quelques kilomètres sur la piste » :

Au bout d’un moment, il n’est plus possible d’avancer en voiture, nous nous garons et continuons à pieds. Les premières habitations du village commencent à apparaitre. C’est très modeste, isolé et plutôt délabré, il faut le dire… je vous laisser juger par vous-même :

M. Hassan Akdim, propriétaire d’une petite parcelle de terrain au Douar vient à notre rencontre. Il nous explique qu’il gagne sa vie en vendant des melons à proximité de Marrakech et partage avec nous les difficultés et conséquences du manque d’eau pour la région. Il dit que leur région souffre de sécheresse depuis le début des années 90 ! Toute activité d’agriculture devenait de plus en plus difficile.

Avec Mustapha, le spécialiste du forage de puits, nous nous dirigeons vers la parcelle de terrain de Hassan, l’endroit où les habitants envisagent l’installation du puits. C’est un terrain de près d’1/4 Ha mais qui ne semble pas servir à grand-chose… l’irrigation étant le challenge dans une région où les douars se battent pour l’eau. J’ai compris qu’en fait, les 2 douars environnant avaient pu bénéficier de puits par la commune, mais pas le Douar Ben âmr, ce qui les rend dépendant du bon vouloir de leurs voisins à partager l’eau avec eux. Et ça ne semble pas se passer au mieux !

Je profite de ce moment pour demander à Hassan de nous exprimer ce qu’il ressent avec ses mots, écoutez ce qu’il a à nous dire !:-)

Vidéo  « hassan nous adresse un message »

Mustapha, pose quelques questions aux habitants pour en savoir plus sur les puits avoisinants, ce qui lui permet d’estimer les caractéristiques nécessaires pour le futur puits : profondeur, mode de forage, type de pierre, etc. On apprend qu’il existe un ou deux puits mais qu’ils sont complètement asséchés. Il faudra creuser au minimum une profondeur de 100m…ce ne sera pas une mince affaire !

Anecdote marrante : certains des habitants confient que des personnes ont le « pouvoir » de deviner l’endroit exact où il faut creuser le puits pour avoir le plus de chance de trouver l’eau, avec une pierre jetée ou une branche d’olivier…chacun sa méthode !

On se dirige ensuite vers l’un des puits quasiment asséchés, Mustapha regarde de plus près les caractéristiques : la nature de la pierre, fragile jusqu’à une 30aine de mètres, va nous imposer à installer « un gabarit » pour solidifier l’installation. Ensuite à partir de 30m jusqu’à 100m, le forage se fera avec une sonde, la pierre à ce niveau là étant plus solide :

Vidéo : Mustapha « expertise » le puits quasiment asséché et nous explique la nature des pierres

Hassan nous propose ensuite d’aller chez lui avec quelques uns de ses amis du douar. Il dit que sa femme nous attend à la maison et qu’elle nous a préparés du café, du lait et du msemen. Cette attention nous a vraiment beaucoup touchés !! On se dirige donc dans le brouhaha général et les explications/anecdotes des uns des autres dans le dédale des ruelles du douar vers l’habitation de Hassan. Je rencontre sur le chemin des adorables enfants, encore très jeunes et vraiment très beaux tbarkallah ! Je suis particulièrement touchée par le manque d’installations et de moyens pour le développement de ces enfants.

On arrive chez Hassan, l’accueil est très chaleureux. Il a une femme et 3 enfants. Il me dit qu’il est dans la moyenne inférieure J le douar est composé de près de 55 familles avec en moyenne 6 personnes par famille. Ce qui veut dire que notre projet bénéficiera à près de 300 personnes ! Inchallah.

L’habitation est composée d’une cour centrale qui dessert 3 pièces : 1 pièce aménagée pour la cuisine, une pièce de couchage et le salon où nous sommes entrés avec des banquettes au sol et une table garnie de choses délicieuse et n a t u r e l l e s ! Un plaisir qui se savoure J zebda beldiya, confiture maison, huile d’olive, msemen…c’était succulent et encore une fois leur hospitalité et gentillesse incroyables !

Nous restons chez lui un bon moment à discuter et à parler du puits et des démarches à faire.  J’explique à Hassan qu’il me faudra en engagement écrit de sa part disant qu’il met à disposition la parcelle de son terrain pour le puits et que ce puits servira à l’ensemble des habitants du douar. Il est bien sûr d’accord, a compris qu’il était nécessaire de tout formaliser officiellement et nous avons convenu que Moulay Ali l’accompagne pour la légalisation de cet engagement en cours de semaine.

Je leur ai aussi expliqué qu’il nous faudra un papier du caïd, car l’autorisation des autorités est biensûr indispensable. Là encore nous avons mis en place les détails. Ils iront dans une semaine, avec Fatiha notre partenaire Marrakchi de l’association ‘attanmiya wa tadamoun’. Fatiha est une militante très engagée dans plusieurs associations. J’avais pris un café avec elle en début d’après midi car elle ne pouvait malheureusement pas nous accompagner lors de cette visite. Elle ira avec Moulay Ali après sa semaine d’examens. Fatiha donc, nous représentera pour la réunion et la signature avec le caïd.

Il est temps pour nous de partir, il est déjà  20h passées. En sortant de chez Hassan, plusieurs autres habitants viennent à notre rencontre. Ils voulaient tous nous remercier et tenaient absolument à nous montrer les puits et châteaux d’eau des villages voisins. Ils espèrent en fait qu’on pourra les équiper d’un château d’eau également. Le château d’eau permettant de stocker l’eau, de faire des économies et de desservir directement les habitations…c’est une deuxième étape ! Concentrons-nous déjà sur l’atteinte de notre premier objectif : faire creuser un puits J

Biensûr, nous leur avons expliqué gentiment qu’il s’agit d’une initiative associative, solidaire, et que forcément nous n’avons pas les mêmes moyens que les communes. On est quand même parti regarder de plus près ce que les autres douars avaient.

 

Sur le chemin, je rencontre un père de famille qui était parti remplir ses bidons d’eau dans un douar voisin, il les porte sur sa mobylette :

Vidéo : un père de famille va chercher l’eau sur sa mobylette. Il remplit des bidons d’eau

Ensuite, nous prenons quelques instants avec Mustapha seulement pour discuter du devis. La première estimation est de 800dh/m pour une profondeur de 100m. Il est vrai que le village est difficilement accessible et faire parvenir les grosses machines de forage sur place ne sera pas chose aisée. Mais Mustapha a aussi envie de faire partie de cette aventure humaine, il me promet de me ramener le devis en bonne est due forme à Casablanca. Nous aurons ainsi 2 devis contradictoires (l’un par une société dont le propriétaire est originaire du Douar, l’autre par Mustapha qui nous a accompagné toute l’après midi et qui nous a été recommandé par l’association qui a équipé le douar Tajelt, dans les montagnes, d’un puits d’eau l’année dernière !)

C’est l’heure du coucher du soleil et il est temps pour nous d’y aller maintenant. De plus en plus d’habitants nous ont rejoint et escorté jusqu’à la voiture. Je sentais de la joie dans leurs yeux, de l’excitation dans leurs applaudissements, de la gratitude dans leurs sourires et leurs paroles. Moi de mon côté, je suis repartie avec le cœur chaud et plein d’émotions… mais avec aussi, un lourd sentiment de responsabilité que je nous souhaite à tous d’honorer inchallah.

retrouvez toutes les photos :

On compte sur nous les amis !

Manal.

 

Pour marque-pages : permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>