Dans les zones rurales où intervient Azekka, le taux d'analphabétisme des femmes avoisinne souvent les 90%. Cours d'alphabétisation adaptés, encouragement des écolières à poursuivre leur scolarité au-delà du primaire... associations et instituteurs font leur possible pour combler le retard. Or, voilà qu'un drôle de phénomène apporte de l'eau à leur moulin : en plus de l'arabe, langue nationale, les femmes de ces villages réclament à présent des cours de ... français ! Tiens, mais pour quoi faire ? D'où vient cet engouement soudain ? C'est tout simple : l'explosion des nouvelles technologies de l'information s'accompagne partout d'un retour à l'écrit. Ces outils, même lorsqu'on les utilise uniquement pour téléphoner (Skype, MSN...), nécessitent de savoir lire, et la plupart du temps... sont en français ! Les femmes veulent y accéder par elles-mêmes : se connecter à MSN, envoyer ou lire des SMS, sans être assistées. Ainsi, par un curieux clin-d'oeil de civilisation, l'apprentissage du français devient une clé pour des femmes du Maroc rural.