Le Tourisme solidaire : pour quoi faire ?
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La définition donnée par l'UNAT :
« Le tourisme solidaire regroupe les formes de tourisme « alternatif » qui mettent au centre du voyage l'homme et la rencontre et qui s'inscrivent dans une logique de développement des territoires.
L'implication des populations locales dans les différentes phases du projet touristique, le respect de la personne, des cultures et de la nature et une répartition plus équitable des ressources générées sont les fondements de ces types de tourisme. »
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Tourisme équitable, éthique, solidaire, autant d'appellations incontrôlées qu'on lit de plus en plus, un peu partout.
Le Maroc n'échappe pas à l'effet de mode, et de plus en plus d'acteurs utilisent ces termes... à plus ou moins bon escient.
Mais quel est le fond de tout ça ? Tourisme solidaire, pour quoi faire ?
Le tourisme solidaire c'est avant tout, une autre façon de voyager. Avant toute question de porte-monnaie, il y a le regard qu'on pose en tant que visiteur. Où pose-t-on le regard et comment ?
Au lieu d'être promené par un voyage organisé, de monument en point de vue panoramique, on a décidé de passer par l'arrière-cour du pays, de plonger dans ses coulisses.
Ce faisant, on rencontre, forcément, des populations moins habituées aux touristes. Leur accueil est différent, plus timide souvent, moins prompt à vous proposer de l'artisanat ou à vous demander quelque chose. C'est là, dans cette relation presque vierge, que vous pouvez constater les dégâts des années de tourisme non-éthique. Avant, c'était comme ça. Maintenant, seuls certains endroits sont encore comme ça : préservons-les.
Moins le village est touristique, et plus l'écart culturel est grand. Certes, la mondialisation a fait son entrée dans les plus petits douars via la télévision par satellite, mais la confrontation avec loccident en chair et en os est une autre paire de manches.
Le touriste solidaire en est conscient, et porte une attention particulière à ses faits et gestes : tenue décente, respect des traditions et croyances, comportement humble et discret etc. Ignorer les règles à suivre devient difficile, car il n'est pas un guide papier qui ne les mentionne, du moins les principales. Mais le touriste solidaire, lui, curieux de tout et de tous, va plus loin. Il s'intéresse aux différences culturelles, à la richesse de l'échange, il cherche à faire plaisir, à tisser des liens. Il accepte le verre de thé qu'on lui propose, le coin de banquette qu'on lui offre pour la nuit, mais il sait aussi ne pas s'attarder trop longtemps pour ne pas abuser de l'hospitalité légendaire de ses hôtes. Il sadapte au mode de vie, à labsence de confort, il reconnaît la valeur de ce qui lui est offert.
Ethique, parce qu'emprunt de respect, de tolérance, d'ouverture. Ce touriste-là essaie de rattraper les erreurs de l'autre, celui qui foule aux pieds des traditions qu'il ne comprend pas, choque par sa tenue (trop dénudée), ses propos (grossiers), son attitude condescendante. Erreurs de celui qui compare, sans cesse, à se demander s'il ne sort pas de son pays pour se conforter dans l'idée qu'il est bien mieux chez lui. Vécu : il photographie de dos une femme voilée qui se sauve en protestant, il refuse le thé avec mauvaise humeur parce qu'il en a déjà bu trop, il négocie trop durement, certain qu'on veut l'arnaquer.
Prend-il plaisir à ce voyage, finalement ? Et qu'en retient-il ?
Le touriste solidaire part pour se dépayser, apprendre et s'enrichir, quand d'autres partent pour retrouver leur confort quotidien, avec l'exotisme en plus, le dépaysement aseptisé en somme.
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Le touriste solidaire choisit souvent les chemins de traverse. Il fuit les formules toutes faites, les séjours formatés, ceux où on vous balade au pas de course d'une attraction touristique à l'autre, avant de revenir à l'hôtel climatisé où on mange "international".
Ces voyages-là, on ne les vit pas, on les "fait" :
"- alors on a fait Marrakech, les cascades d'Ouzoud, Essaouira, on n'a pas eu le temps de faire Ouarzazate.
- Ouarzazate, Jean-Pierre l'a fait l'an dernier, paraît que c'est moche
- Ah bon..."
Voilà, il a coché les petites cases de son guide, "fait", "fait", "fait".
Le touriste solidaire, donc, a refusé la formule "je fais", il y a peu de chances qu'on le retrouve dans les hôtels correspondants. Il va plutôt choisir la petite auberge familiale, la maison d'hôte, le gîte d'étape.
Et voici où son voyage devient, déjà, équitable : ses dépenses en logement (et repas, souvent) arrivent directement, avec un minimum d'intermédiaire, dans la poche des habitants du village. Il contribue ainsi à faire vivre les propriétaires des lieux, mais aussi les gardiens, cuisiniers, chauffeurs de 4x4, etc.
Parfois, le gîte est une casbah ancienne, que sa nouvelle fonction permet de survivre aux ravages du temps; autrefois laissée à l'abandon, elle est restaurée, entretenue, par et pour les touristes de passage. A long terme, cest la chance pour un village denrayer lexode vers la ville, et de renaître sans se dénaturer.
Curieusement, vous ne trouverez pas de mention "équitable", ni "solidaire", sur les présentations de ces gîtes. Et pourtant, ils le sont souvent plus que de nombreuses prestations qui le prétendent haut et fort. Bien sûr, rien ne garantit que le cuisinier est rémunéré à sa juste valeur; mais il a peut-être plus de chances de l'être que dans un hôtel qui cherche à "casser" les prix pour lutter contre une concurrence sauvage. Ne serait-ce que parce que les gîtes et autres casbahs sont tenues en famille et que le personnel en fait partie, de naissance ou par adoption. On vit ensemble, on se protège, une certaine solidarité règne au sein des communautés.
Le tourisme solidaire pourrait se contenter d'être respectueux de l'autre, de lui apporter une rémunération plus juste pour l'accueil qu'il lui offre, et la possibilité dinvestir dans le développement local,
mais il peut aussi aller au-delà.
Les pays concernés par cette forme de tourisme sont souvent en voie de développement.
Le tourisme représente une manne financière pour leurs habitants; être solidaire, c'est être sensible à cela, à l'écart de niveau de vie qu'il faut essayer d'aplanir, un peu, pour que la rencontre soit possible.
Arriver en pacha brillant de mille ors, la caméra dernier cri à la main, dans un village où courent des enfants visiblement pas bien riches, cest creuser davance un fossé infranchissable. Cest sexposer à une relation faussée, et qui fait des dégâts à la longue.Alors, en plus du respect des traditions, le touriste solidaire fait attention à l'image qu'il projette. Il est généreux dès que possible mais jamais trop (certains, sans le savoir, laissent pour un petit service un pourboire équivalent à des semaines de salaire !!) Il ne donne pas d'argent ni d'objets sans raison : tout ceux qui ont jeté, plus quil nont donné, des stylos aux enfants des villages quils traversaient à toute allure, ont créé des réflexes de mendiants chez ces enfants persuadés que le touriste passe vite, et quil faut courir à sa rencontre pour avoir un cadeau. Ces touristes doivent avoir une bien piètre opinion de ces enfants, et leur donnent en échange une sombre image de notre civilisation. Nous, associations de solidarité internationales, associations marocaines, parents de ces enfants, demandons aux touristes d'être plus respectueux : lisez ce qui suit. >Le problème "bonbon-stylo"
Soyons solidaires de ces habitants, respectons-les simplement. Aidons-les de la meilleure manière, en apportant nos dons aux instituteurs, aux dispensaires, à des personnes responsables qui se chargeront de distribuer, ou en présence de qui vous pourrez faire une distribution organisée; permettons ainsi à la solidarité locale de s'exprimer, et respectons les échanges et l'organisation naturelle entre les habitants du village.
Donnons aux familles qui nous accueillent, des petits cadeaux en arrivant, ou en partant, comme on fait avec ses amis. Mais jamais comme une aumône, toujours avec un échange. Echangeons avec les habitants, apprenons d'eux, et apprenons-leur aussi.
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SOLIDAIRE PAS SOLITAIRE ?
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La grande nouveauté de ces dernières années, c'est que le tourisme solidaire n'est plus l'apanage du tourisme un peu "routard", sac à dos et sens de l'adaptation aiguisé.
Les associations et agences de voyage s'engagent peu à peu dans cette voie d'avenir, sans doute parce que la demande se développe également chez les touristes amateurs de "formules". Et ils ont bien raison !
En savoir plus sur les agences/associations de tourisme solidaire : site de l'UNAT
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